• Précis de littérature slovaque

    Lorsque L’udovít Štúr (1815-1856) eut créé la langue littéraire slovaque sur la base du dialecte central, secondé dans ce travail par Michal Mihoslav Hodža (1811-1870) et par Jozef Mihoslav Hurban (1817-1888), le premier à utiliser le slovaque dans le second volume de l’almanach Nitra en 1844, on vit immédiatement fleurir une poésie nationale de très haute qualité. Deux épopées patriotiques, Marína (1846) et Detvan (1847), ont immortalisé Andrej Sládkovič (1820-1872), qui s’inspire de Pouchkine et de Kollár, non sans originalité. Janko Král’ (1822-1876) fait figure de héros national du fait de sa participation aux luttes révolutionnaires de 1848. Personnalité farouche et énigmatique, il se sent proche du peuple des montagnards et des forestiers slovaques, dont il utilise les chants et les légendes dans des vers d’une grande beauté. Jan Botto (1829-1881) s’inspire de Mácha lorsqu’il décrit la mort du brigand Jánošík dans son fameux poème lyrico-épique Smrt’ Jánošíkova (1862). Mais le véritable créateur de la langue poétique, Pavol Hviezdoslav (1849-1921), n’appartient déjà plus à la génération romantique. Admirateur et émule de Sládkovič, il écrit ses deux œuvres épiques majeures, Hájnikova žena (la Femme du garde-chasse, 1886) et Ežo Vlkolinský (1890), dans un style réaliste auquel se mêlent des échos du chant populaire. Ses emprunts à plusieurs dialectes slovaques ont définitivement enrichi le vocabulaire poétique. Son contemporain Svetozár Vajanský Hurban (1847-1916) décrit en romantique attardé la nature slovaque et les souffrances de son peuple.

     

    La génération symboliste a donné à la Slovaquie son plus grand poète lyrique avec Ivan Krasko (1876-1958), mais les talents sont si nombreux dans cette jeune littérature qu’on hésite à dresser un palmarès : citons cependant Janko Jesenský (1874-1945) et Martin Rázus (1888-1937).

     

    Le fondateur du roman est Jan Kalinčiak (1882-1871), dont le chef-d’œuvre, Reštavrácia (1860), est une peinture réaliste du milieu des hobereaux slovaques. Mais le plus grand prosateur est assurément Martin Kukučín (1860-1928), qui vécut surtout en Yougoslavie et en Amérique. On lui doit le premier roman slovaque de quelque dimension et de quelque profondeur psychologique avec Dom v stráni (la Maison sur la pente, 1904). Les prosateurs contemporains les plus remarquables sont Timrava (Božena Slančíková, 1867-1951) et Milo Urban (né en 1904), dont le roman Živý bič (le Fouet vivant, 1927), sur la Première Guerre mondiale, est sans doute la meilleure œuvre slovaque en prose d’entre les deux guerres.

     

    Le théâtre slovaque n’a guère produit d’œuvres vraiment brillantes. Les meilleures productions restent les comédies écrites entre 1850 et 1860 par Jan Palarík (1822-1870).

     


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