• l'entre-deux guerres

    Le bouillonnement culturel de la jeune République tchécoslovaque touche tous les domaines artistiques. Des artistes de première importance apparaissent en littérature, arts plastiques, photographie, architecture et musique. La littérature n'est plus concernée par le souci d'identité nationale, de nouveaux thèmes ainsi que de nouveaux courants artistiques virent le jour. Cette période est souvent appelée « ouverture des fenêtres sur le monde ».

    Pour la prose, on a d'un côté les écrivains qui restent fidèles au milieu traditionnel de la prose slovaque – le village – et de l'autre, la nouvelle génération des écrivains qui placent leurs personnages dans le monde urbain, notamment I. Horvath (1904-1960, Laco et Bratislava, le Visa pour l'Europe), influencé par la littérature allemande et française. M. Urban (1904-1982), dans son roman expressionniste et psychologique le Fléau vivant, peint le changement que subit le village, en particulier les conséquences de la guerre.

    J. Ciger-Hronsky (1896-1961, Jozef Mak, le Pain) contribue également à la destruction de l'image idéalisée du monde rural, qui est l'héritage des auteurs romantiques. Il est le premier des auteurs de la « prose lyrisée », caractérisée par une écriture chargée d'éléments poétiques, et dont les successeurs sont M. Figuli (1909-1995, Trois Chevaux marrons), F. Svantner (1912-1950, la Fiancée des montagnes), D. Chrobak (1907-1951, Dragon est de retour), et plus tard R. Jasik (1919-1960, la Place de St. Élizabeth). Marqués par la violence de la Seconde Guerre mondiale, ils décrivent une nature exaltée, personnalisée, fatale (leurs romans sont souvent adaptés par le cinéma), la vie à la campagne apparaît dans tout son hardiesse et sa cruauté, contrastant avec les auteurs réalistes du début du siècle. Un peu à part se situe G. Vamos (1901-1956, les Atomes de dieu), comme pessimiste et autobiographique.

    La poésie est représentée par les deux figures majeures que sont J. Smrek (1898-1982) et B. Lukac (1900-1979). Le premier écrit sous l'influence du vitalisme et du futurisme, son œuvre est fraîche et optimiste. Il est connu comme poète de la femme, ses recueils majeurs sont les Journées galopantes et le Poète et la femme. La poésie de Lukac est plus sombre, influencée par Valéry et Claudel. Il commence par des méditations intimes Sur l'amour non aimant. La désillusion et la crise politique due au fascisme le conduisent vers le désespoir qu'il exprime dans Babel et Moloch. Leur contemporain, V. Beniak (1894-1937, Popolec, Igric), poète original et difficile à classer et combine des motifs populaires et le vers modernes.

    Influencés par les futuristes et structuralistes russes, ainsi que par la poésie tchèque, les écrivains groupés autour de la revue Dav s'enthousiasment pour les idées marxistes. Un des plus importants parmi eux fut L. Novomestsky (1904-1976, Saint au-dehors du village), qui, comme de nombreux autres écrivains initialement engagés à gauche, a été persécuté pendant la période stalinienne. À ses côtés, on trouve les poètes D. Okàli (1903-1987) et J. Ponican (1902-1978), P. Jilemnicky (1901-1949), auteur du roman la Boussole en nous.

    Le surréalisme entre dans la poésie slovaque à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il doit être placé dans le contexte des surréalistes tchèques, leur influence fut réciproque. Ce mouvement prend une grande ampleur, les auteurs surréalistes révolutionnent la forme de la poésie slovaque, introduisant le vers libre. Il s'agit de V. Reisel (1919), S. Zary (1918), R. Fabry (1915-1982), P. Buncak (1915), A. Marecin (1923), J. Rak (1915-1969), qui, malgré l'époque, refusent tout engagement, ce qui est la cause de leur silence après 1948.

    En contrepoint des œuvres surréalistes, on trouve l'œuvre spirituelle de la moderne catholique (R. Dilong (1905-1986), P.G. Hlbina (1908-1977), J. Silan (1914-1984), J. Haranta (1909-1983), K. Strmen (1921)), dont les poèmes gardent une forme régulière. Ils se sont inspirés de la Poésie pure (1925) de H. Brémond.

    La création dramatique de l'époque est représentée par I. Stodola (1888-1977, la Femme du berger, Notre Monsieur le ministre).


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