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    Crise migratoire: la Slovaquie désavouée

    La Cour de justice de l'UE a rejeté «dans leur intégralité» les recours déposés par la Hongrie et la Slovaquie contre les quotas d'accueil de réfugiés décidés en septembre 2015 par les dirigeants européens, au plus fort de la crise migratoire.

    La justice européenne estime dans un arrêt rendu mercredi 5 septembre 2017 que le mécanisme dénoncé par les deux Etats membres, censé incarner la solidarité européenne, contribue effectivement et de manière proportionnée« à soulager la Grèce et l'Italie, débordées par l'afflux de migrants.

    Conforme à la législation communautaire

    La Hongrie et la Slovaquie contestaient la légalité du plan, mais la Cour a rejeté l'ensemble de leurs arguments. Elle estime que le recours à une procédure non législative, sans consultation du Parlement européen, des parlements nationaux et sans délibérations publiques, était conforme à la législation communautaire.

    Cette même législation permet, selon elle, aux institutions de prendre les «mesures provisoires» nécessaires pour répondre rapidement à une situation d'urgence et l'afflux soudain de personnes déplacées.

    Pas besoin d'unanimité, selon la Cour

    Par ailleurs, la Cour considère que le Conseil européen, qui regroupe les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, n'était pas tenu de prendre la décision à l'unanimité. La Slovaquie et la Hongrie, aux côtés de la République tchèque et de la Roumanie, avaient voté contre la relocalisation depuis la Grèce et l'Italie de 120'000 personnes répondant aux critères de la protection internationale, sur une période de deux ans.

    Enfin, la Cour affirme que «la validité de la décision ne peut pas être remise en question» rétrospectivement, en ce qui concerne son «degré d'efficacité». Le législateur européen ne peut en effet, selon elle, apprécier les effets d'une nouvelle réglementation qu'en fonction des éléments à sa disposition au moment où la décision est prise.

    Quotas pas atteints

    A quelques semaines de l'échéance du plan fixée fin septembre, les objectifs définis sur les quotas de «relocalisation» sont loin d'avoir été atteints. Moins de 28'000 personnes ont ainsi été transférées depuis la Grèce et l'Italie, sur un objectif initial allant jusqu'à 160'000 personnes à répartir.

    Le commissaire européen à la Migration Dimitris Avramopoulos a immédiatement pris note de la décision de la Cour sur le réseau social Twitter. «La CJUE confirme que le mécanisme de relocalisation est valide. Il est temps de travailler dans l'unité et de mettre pleinement en oeuvre la solidarité», a-t-il déclaré.


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  • Le Slovaque Miroslav Lajcák élu Président de l'AGNU

    31 mai 2017 – Le Slovaque Miroslav Lajcák a été élu Président de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ministre des affaires étrangères et des affaires européennes de la Slovaquie, il a été élu par acclamation par les 193 Etats membres de l’ONU réunis en Assemblée générale à New York.

    Durant son discours d’investiture, le Président élu de la prochaine Assemblée générale a mis l’accent sur les six priorités qu’il souhaite défendre pendant son mandat. Il a d’emblée annoncé qu’il demanderait aux États membres de mettre l’accent sur les peuples, ainsi que sur la prévention et la médiation en faveur d’une paix durable. Sa troisième priorité sera la migration et le processus en cours du Pacte mondial pour la migration.

    M. Lajcák a expliqué qu’il faudra approfondir la question des Objectifs de développement durable (ODD) et du climat en mettant un accent particulier sur les besoins des pays les moins avancés (PMA) et des petits États insulaires en développement (PEID). « Ma cinquième priorité sera la question des droits de l’homme », a-t-il insisté en précisant qu’il ne peut y avoir de paix et de développement sans respect de la dignité et des droits fondamentaux de tous.

    Dans ce contexte, le Président élu de la 72e session de l’Assemblée générale a assuré qu’il garantirait l’équilibre homme-femme et une répartition géographique aussi équitable que possible au sein de son Bureau. Enfin, il a mis l’accent sur la « qualité » des travaux des Nations Unies en expliquant qu’il aurait le souci de faire participer davantage les petits pays à tous les travaux qui seront mandatés sous sa présidence.

    Un autre objectif de M. Lajcák est de favoriser une interaction constructive, éclairée et ouverte à tous entre les États membres et le Secrétaire général. Il s’est en outre dit prêt à examiner les initiatives de réforme du Secrétaire général dans les domaines de la paix et de la sécurité, du développement et de la gestion.

    M. Lajcák a jugé vital d’améliorer plus avant l’efficacité et le rôle de l'Assemblée générale. « C’est une question éthique et politique », a-t-il dit en faisant remarquer que la réforme la plus souvent évoquée est celle de la composition du Conseil de sécurité, son objectif étant d’en faire un organe en phase avec les nouvelles réalités mondiales du XXIème siècle.

    Ce n’est pas une époque facile pour être à la tête des Nations Unies, a-t-il lancé au Secrétaire général, António Guterres, avant de remercier le Président sortant de l'Assemblée générale, Peter Thomson. « Je m’engage à représenter chaque pays de façon juste et ouverte pour que chacun sente que sa place compte », a-t-il conclu.

    Présent lors de l’investiture, M. Guterres a félicité M. Lajcák pour son élection en tant que Président de l'Assemblée générale.

    « J'ai eu la chance de le connaître car nous avons chacun présenté notre vision pour les Nations Unies aux États membres l'année dernière », a déclaré le Secrétaire général. « Le Ministre des affaires étrangères Lajčák a toujours démontré une maitrise impressionnante de tous les aspects de l'action des Nations Unies et un engagement fort envers les principes qui régissent notre travail ».

    Pour M. Guterres, le prochain Président de l’Assemblée générale a exprimé sa ferme conviction que « le renforcement de l'ONU est le meilleur investissement pour atteindre le désir universel de paix, de développement, d'égalité et de justice dans le monde ».

    « Je pense que nous avons tous les deux vu de grandes attentes et avons pu nous rendre compte ô combien les gouvernements et les peuples ont besoin des Nations Unies pour répondre aux appels légitimes des peuples du monde entier pour une paix durable, la justice, les droits de l'homme et la dignité humaine », a dit le chef de l’ONU qui s’est dit impatient de collaborer avec le nouveau Président l'Assemblée générale « pour tracer la voie vers un avenir meilleur ».

    M. Lajcák prendra officiellement ses fonctions de Président lorsque débutera la 72e session de l’Assemblée générale prévue le 12 septembre au siège de l’ONU à New York.


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